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Classes de drones C0 à C6 : masses, exigences et usages professionnels

Depuis le 1er janvier 2024, la classe inscrite sur un drone décide de l'endroit où il peut voler. Ce guide met les sept classes côte à côte, explique ce qui reste possible avec un drone sans classe et aide à choisir la bonne classe pour une activité professionnelle.

Mis à jour le · sources officielles en fin de page

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Une classe, à quoi ça sert ?

Le règlement délégué (UE) 2019/945 fixe les exigences techniques que doit respecter un drone pour porter une étiquette de classe, de C0 à C6. Le règlement d'exécution (UE) 2019/947 dit ensuite, pour chaque sous-catégorie de la catégorie ouverte et pour chaque scénario standard, quelle classe est exigée. La classe fait donc le lien entre la machine et le cadre d'exploitation.

Les classes C0 à C4 servent la catégorie ouverte (sous-catégories A1, A2 et A3). Les classes C5 et C6, ajoutées par le règlement délégué (UE) 2020/1058, servent les scénarios standard STS-01 et STS-02 de la catégorie spécifique. C'est le fabricant qui démontre la conformité et l'atteste par une déclaration UE de conformité ; un même modèle peut porter plusieurs étiquettes s'il remplit les exigences de chacune, précise l'EASA.

Le tableau des 7 classes de drones

ClasseMasse maximale au décollageCadre d'utilisationExigences clés
C0< 250 gOuverte A1Vitesse maximale en palier 19 m/s ; 120 m maximum au-dessus du point d'envol ; électrique.
C1< 900 g, ou énergie transmise à une tête humaine < 80 JOuverte A119 m/s ; limitation de hauteur ; identification directe à distance ; géovigilance ; niveau acoustique plafonné.
C2< 4 kgOuverte A2 (ou A3)Mode basse vitesse limité à 3 m/s ; identification directe à distance ; géovigilance ; liaison protégée.
C3< 25 kg, dimension < 3 mOuverte A3Identification directe à distance ; géovigilance ; feux dont un feu vert à éclats ; électrique.
C4< 25 kgOuverte A3Aucun mode de contrôle automatique, hors aide à la stabilisation et gestion de la perte de liaison.
C5< 25 kg, dimension < 3 mSpécifique, STS-01Base C3 ; mode basse vitesse 5 m/s ; moyen d'interrompre le vol ; alertes de liaison. Peut être un C3 équipé d'un kit C5.
C6< 25 kg, dimension < 3 mSpécifique, STS-02Base C3 ; vitesse maximale en palier 50 m/s ; confinement dans un volume programmable ; trajectoire programmable.

Sources : parties 1 à 5, 16 et 17 de l'annexe du règlement délégué (UE) 2019/945 ; sous-catégories selon l'EASA (page « Open category »).

Dans toutes les sous-catégories de la catégorie ouverte, le vol reste sous 120 m au-dessus du sol. Les seuils de masse portent toujours sur la MTOM, charge utile comprise, et non sur la masse à vide.

Classes C0 et C1 : la sous-catégorie A1

Drone classe C0 : moins de 250 g, il vole en A1, sans survol de rassemblements de personnes. Sa vitesse maximale en palier est de 19 m/s et il ne peut pas monter à plus de 120 m de son point d'envol. L'EASA indique qu'il suffit de lire la notice du fabricant ; l'enregistrement de l'exploitant reste nécessaire dès que le drone emporte une caméra et n'est pas un jouet.

Drone classe C1 : moins de 900 g, ou une conception qui limite à 80 J l'énergie transmise à une tête humaine en cas d'impact. Il vole aussi en A1, mais sans survol attendu de personnes non impliquées (et s'il se produit, il doit être limité). Le télépilote doit avoir suivi la formation en ligne A1/A3 et réussi l'examen associé. Un C1 embarque une identification directe à distance et une fonction de géovigilance.

Classe C2 : la sous-catégorie A2

Drone classe C2 : moins de 4 kg, avec un mode basse vitesse qui limite la vitesse sol à 3 m/s. En A2, il ne survole pas de personnes non impliquées et garde une distance horizontale de 30 m avec elles, ramenée à 5 m quand le mode basse vitesse est activé. Le télépilote doit détenir le certificat d'aptitude A2 (formation A1/A3, autoformation pratique déclarée, examen théorique complémentaire). Un C2 peut aussi voler en A3.

Classes C3 et C4 : la sous-catégorie A3

Drone classe C3 : moins de 25 kg et moins de 3 m de dimension caractéristique. Drone classe C4 : moins de 25 kg, sans mode de contrôle automatique — une classe pensée pour des aéronefs pilotés manuellement. Les deux volent en A3 : jamais au-dessus de personnes non impliquées, à 150 m au moins des personnes et des zones résidentielles, commerciales, industrielles ou récréatives. Formation requise : la formation en ligne A1/A3.

Le C3 a une seconde vie : c'est la base technique des classes C5 et C6, et un C3 peut devenir C5 grâce à un kit d'accessoires prévu pour lui (voir le guide de la classe C5).

Classes C5 et C6 : les scénarios standard

Les classes C5 et C6 ne figurent pas dans les conditions de la catégorie ouverte : elles conditionnent les scénarios standard de la catégorie spécifique. Le STS-01 (vue directe, zone contrôlée au sol, environnement qui peut être peuplé) exige un C5 ; le STS-02 (hors vue, environnement peu peuplé) exige un C6. L'EASA le rappelle sur sa page consacrée aux STS. Si votre drone n'a pas la bonne classe, les opérations équivalentes passent par une autorisation (PDRA S-01 ou S-02), qui n'exige pas d'étiquette C5 ou C6.

Pour la classe C6, le règlement ajoute un moyen d'empêcher l'aéronef de sortir d'un volume d'exploitation programmable et la publication, par le fabricant, de la distance la plus probable parcourue après l'interruption du vol, qui sert à dimensionner la zone tampon. Le détail est dans notre guide sur la classe C5 et C6.

Drones sans classe depuis le 1er janvier 2024

La période de transition de la catégorie ouverte s'est terminée le 31 décembre 2023. Depuis, l'article 20 du règlement 2019/947 (dans sa rédaction issue du règlement 2022/425) fixe le sort des drones sans classe qui ne sont pas construits à titre privé : s'ils ont été mis sur le marché avant le 1er janvier 2024, ils peuvent continuer à voler :

  • en A1 si leur MTOM est inférieure à 250 g ;
  • en A3 si leur MTOM est inférieure à 25 kg.

La DSAC le résume dans le bulletin AlphaTango n° 11 : en catégorie ouverte, les drones sans classe ne volent plus qu'en A3, sauf ceux de moins de 250 g mis sur le marché avant le 1er janvier 2024, qui restent en A1. Un drone professionnel de 1 à 9 kg sans étiquette, comme un Matrice 300 RTK dont la déclaration publiée par DJI n'indique pas de classe, est donc cantonné à l'A3 en catégorie ouverte, à condition d'avoir été mis sur le marché avant le 1er janvier 2024.

En catégorie spécifique, un drone sans classe reste utilisable, mais pas sous déclaration : il faut une autorisation d'exploitation fondée sur une PDRA ou sur une évaluation SORA. Les scénarios nationaux, qui toléraient ces drones, ont pris fin le 1er janvier 2026 (voir la fin des scénarios nationaux).

Quelle classe pour quelle activité professionnelle ?

Activité typeCadreClasse adaptée
Prise de vue ou relevé loin de toute habitation (champ, carrière, littoral)Ouverte A3C2, C3, C4, ou drone sans classe mis sur le marché avant 2024
Tournage, immobilier, événement à proximité de personnes non survoléesOuverte A2C2 (30 m, ou 5 m en basse vitesse)
Petits travaux de prise de vue avec un drone très légerOuverte A1C0 ou C1
Inspection de façade, toiture, ouvrage en ville, au-dessus d'un périmètre baliséSpécifique, STS-01C5 (ou C3 équipé d'un kit C5)
Inspection linéaire hors vue en zone peu peuplée (réseau, voie ferrée, forêt)Spécifique, STS-02C6
Tout ce qui sort de ces cadres (drone sans classe en ville, masse plus élevée…)Spécifique, autorisationPas de classe imposée par le règlement ; exigences fixées par l'évaluation de risque

En France, l'arrêté « Espace » ajoute ses propres conditions selon le lieu : depuis le 1er janvier 2026, les vols professionnels en catégorie ouverte en zone peuplée et les vols de catégorie spécifique en zone peuplée font l'objet d'une déclaration préalable au préfet, avec un préavis d'au moins 10 jours (bulletin AlphaTango n° 23). Pour une vue d'ensemble, voir la réglementation du drone professionnel en 2026 et les autorisations d'un vol pro.

Le cas le plus fréquent en ville : STS-01 et classe C5

Si votre activité consiste à voler en vue au-dessus d'une zone que vous balisez, en environnement urbain, le STS-01 évite une demande d'autorisation. Il suppose un drone C5, des télépilotes titulaires du CATS et d'une attestation de formation pratique, et un manuel d'exploitation. My MANEX génère ce manuel pour une déclaration STS-01, en Word et en PDF : démarrer le questionnaire.

Lire et prouver la classe de son drone

  • L'étiquette d'identification de classe est apposée sur l'aéronef (et sur l'emballage). Pour un kit C5, elle figure sur chaque accessoire.
  • La déclaration UE de conformité identifie la classe. C'est la pièce à conserver avec le drone, et en STS elle est exigée par le règlement.
  • La configuration compte : certaines classes ne sont acquises qu'avec un micrologiciel donné, un accessoire ou une batterie précise, selon la notice du fabricant.

Les fiches de notre catalogue de drones indiquent une classe indicative (par exemple DJI Mini 4 Pro, DJI Air 3, Mavic 3 Enterprise) ; c'est toujours l'étiquette et la déclaration de votre exemplaire qui font foi. Le MANEX reprend ensuite la classe de chaque aéronef dans sa partie technique : voir la structure d'un MANEX et des pages d'exemple.

Sources officielles

Cette page vulgarise des textes officiels ; elle ne remplace ni leur lecture, ni l'avis de l'autorité compétente (DSAC). My MANEX est un service indépendant, sans affiliation avec l'EASA/AESA, la DGAC ou la DSAC.

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Répondez au questionnaire (entreprise, responsables, télépilotes, aéronefs, zones et urgences) : vos réponses sont injectées dans un modèle de manuel d'exploitation structuré, livré en Word éditable et en PDF. Le périmètre est vérifié avant tout paiement.